Si t’as pas de cerveau, trouve lui un maître !

« La pensée ne doit jamais se soumettre car pour elle ce serait cesser d’être », comme le dit le motto de ma vénérée Alma-mater.

Ils y a quelques mois de ça, je buvais un verre avec des amis, parmi lesquels une jeune femme jolie, blonde, cultivée et raisonnablement intelligente. Quand la conversation tomba, comme une sotte, sur la question de l’équipement. La dite jeune femme envisageait une randonnée lointaine et faisait des achats, compulsifs il est vrai, de matos : une vraie crise de fièvre acheteuse ! Lorsque je lui demandais quelle couteau elle avait acheté, j’eu droit à une réponse qui me laissa pantois : un M, bien sûr, mon maitre à penser m’a dit que c’était les meilleurs !

Sur le coup, je restais là, planté dans ma pensée comme un poireau sur une planche à pain ! Avais-je bien entendu l’expression O combien détestée ? Un maitre à penser ? Bon, entre nous et la virginité de ta mère, je veux bien admettre que si tu envisage l’étude du judo, de la survie en milieu naturel ou de la cuisine moléculaire, tu puisses rechercher l’enseignement d’un maitre, et il en va de même dans l’étude de la philosophie. Du reste, truffe comme je te connais, tu ignores surement que l’étymologie du mot « philosophe « vient justement de là : philo-sophoi, en grec, désignait celui qui est passé maitre dans la pratique de son art. Mais maitre à penser est, à mes yeux, une hérésie pire que le ketchup dans un spaghetti-bolognaise.

« La pensée ne doit jamais se soumettre car pour elle ce serait cesser d’être », comme le dit le motto de ma vénérée Alma-mater. J’avais vu, précédemment, sur un forum de discussion, le même genre de réflexe de soumission intellectuelle : des gens intelligents avait un débat riche (relativement), puis surgissait l’animateur du forum, lequel donnais son avis (sensé, il est vrai), et paf, tout ce joli monde fermait sa trappe avec une obséquiosité de valet, un acquiescement servile qu’on n’a plus vu depuis les fêtes à brandebourg et les hymnes barbares à la gloire d’un maquereau assassiné en 1933.

Alors, pour faire bref (je pourrais m’étendre sur le sujet mais mon ulcère étant ce qu’il est, on ne va pas forcer la dose), utilise ton cerveau plutôt que de le soumettre, hé, nénuphar de fosse septique ! Tu sais bien le cerveau, c’est cette espèce de truc mou et grisâtre qui fait des vilaines taches quand on l’explose à la batte de baseball.

Pigé, ou je réexplique plus lentement ?

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