Dans la vie, on fait toujours ce qu’on veut. Point barre.

La médiocrité sous toutes ses formes, en clair, je lui pisse au cul.  Mais une de ses formes les plus subtiles, et les plus détestables, c’est quand elle se drape avec une auréole de devoir, de pureté morale, et de prétextes de merde…  Et un bon exemple de ça, c’est tous ces gens qui se vautrent tels des mollusques — vous savez ces trucs tous mous qui ont leur squelette dehors ? — dans leur petit confort de merde, dans leur petite vie facile et nauséabonde, sous prétexte que « dans la vie, on fait pas toujours ce qu’on veut ».

Imaginons Arthur.  Je prends le prénom au pif, hein, rien de perso, Arthur.  Mais imaginons Arthur.  La petite quarantaine bedonnante.  Le CDI bien chevillé au prêt immobilier.  Le coeur à gauche, mais le portefeuille à droite. Arthur a une jolie voiture, mais pas trop neuve.  Et il sait combien de grammes de CO2, et tout ça.  Et le dimanche, en rentrant du pressing, il passe dire bonjour à sa maman.

Arthur, il s’emmmerrrrrrde.  Mais d’une force.  Il se fait chier dans son taf sans âme.  Tous ses collègues lui bouffent la vie, et lui il en fait probablement autant pour ses collègues.  Et il se fait chier.  Et son boulot, il le déteste.  Mais il a un joli costume, et un CDI, et une maison à finir de payer.  Et puis bon.  On va pas cracher dans la soupe.  C’est peut être pas son idéal de vie, de faire des pipes à un chef, pour faire un job qui rend le monde plus mauvais, mais bon.  Dans la vie on fait pas toujours ce qu’on veut, hein ?  Et pis bon.  Il faut bien [insérer ici une excuse bidon mais socialement valorisante, genre payer le crédit / financer les études des petits gros / bosser]…

Mais va te faire foutre, Arthur.  Sérieux, avec tes prétextes de merde, t’es qu’une brique de plus dans le mur immense de la connerie humaine.

Arthur…  entre toi et moi.  Tu crois vraiment que ta conscience va aller mieux l’an prochain quand tu auras pu changer de bagnole ? Ou te payer ton putain de home cinema ?  Tu penses que ta vie va subitement prendre sens et une envergure qui te conviennent quand t’auras pu aller aux Maldives avec ta grosse ?

T’as une vie de merde, Arthur.  Tu le sais.  Tout le monde le sait.  Tes collègues le savent.  Ton boss le sait.  Ta femme le sait.  Même ta mère le sait.  C’est même exactement POUR ÇA qu’elle est fière de toi, mec.  Pour t’encourager dans ton délire de stabilité…  PARCE QUE DANS LA VIE ON FAIT PAS TOUJOURS CE QU’ON VEUT HEIN !!!

Mais putain de ta grand mère !!!  Bien sûr que si, que dans la vie on fait toujours ce qu’on veut !  On ne fait même que ça !!!  Si tu veux pas, tu le fais pas…

La vérité, Arthur, c’est que cette vie de merde, tu l’as CHOISIE.

Et c’est pour ça qu’aujourd’hui quand je te croise dans la rue, avec ton costard tout nickel et ton regard aussi vide et creux que celui d’un flétan pas frais, au marché aux poissons, j’ai beau faire un effort, j’arrive pas à avoir la moindre empathie pour toi.  Tu transpires le mal-être.  Tu sens qu’un truc ne colle pas.  Et tu SUBIS.  Tu subis comme une merde alors que putain, tu aurais pu changer le monde, même à petite échelle, même dans ton petit univers, si un jour t’avais pas déposé tes couilles chez ton banquier.

Je te regarde marcher, entre le pressing et ta bagnole gris clair toute propre, et j’ai envie te défoncer la gueule.  Le problème, c’est que pour être équitable, je devrais péter le nez à vraiment beaucoup de gens.

Arthur…  PERSONNE ne peut te faire faire un truc que tu ne veux pas.  Chaque fois que tu prends ton énergie pour faire un truc, c’est TOI qui le choisis.  Si tu es prêt à en payer le prix, PERSONNE ne peut te faire faire quoi que ce soit sans ton autorisation.

On peut te faire des trucs.  Exemple, je peux te démonter la gueule.  Mais si tu y mets pas du tien, je pourrai jamais te faire bosser pour moi pour autant.

Dans la vie, on fait toujours ce qu’on veut, mec. Et rien d’autre. Tu réfléchiras à ça quand ton toubib t’annoncera qu’il te reste quelques semaines à vivre.

 

(Ah ouais, Arthur, P.S.: je me lance dans le coaching, si jamais ça t’intéresse que je te pompe ton fric pour te faire sentir moins mal de faire de la merde avec les secondes qui défilent, chuis ton homme.  C’te blague…)

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Auteur : Le vioc !

Un peu simple, un peu basique. Plutôt concret, comme garçon. Je préfère encore prendre un pain dans le museau que de remplir un formulaire CERFA. Vraiment.